Historique

ORIGINE DU NOM

L'ORIGINE DU MOT HOSTENS

 Depuis l'antiquité, la paroisse d'Hostens est sous la protection de Saint Pierre es Lien (titre d'une église de Rome restaurée au Vème siècle). D'après B. Fénié, cela confirmerait l'origine du mot HOSTENS, qui serait dérivé de « AUGUSTUS » (nom Romain) et qui par la chute du « G », s'est transformé en AUSTUS, AOUSTA , OUSTA...auquel est associé le suffixe germanique « ING » ou « INGOS ».

 Par contre, d'après l'abbé Baurein, HOSTENS serait plutôt un dérivé du mot latin « HOSTIS » qui employé à l'accusatif signifierait « ennemi », et supposait donc que cela désignait l'emplacement d'un camp wisigoth.

 Pour d'autres historiens (A. Dauzat et C. Rostaing), HOSTENS découlerait de « OSTA », nom de femme germanique, voire de femme de chef germanique. Plusieurs paroisses  girondines aux terminaison en  « ing » ou « inx » semblent effectivement liées à des occupations germaniques. Ces paroisses (St Pierre es Lien) seraient des créations mérovingiennes ou carolingiennes.

Actuellement, aucune trace d'occupation germanique n'a encore été relevé sur la commune d'Hostens (mais je ne désespère pas !!!...). Cependant, l'occupation antique ne fait plus aucun doute, plusieurs sites ayant livrés de la céramique du 1er et 2ème siècle après JC, dont la trace d'un établissement de production de goudron (résine végétale) (G.Belbéoc'h).  

Il est important de rappeler que Augustus était le nom de l'empereur romain Auguste qui créa la grande Aquitaine en faisant ouvrir sous son règne de nombreuses voies (Etienne). Le culte d'Auguste y était associé.  Ce culte était vivace et fervent, et célébré jusque dans les provinces les plus reculées, en hommage au « souverain tout puissant et protecteur ».

Le nom de lieu peut aussi perpétuer le nom de la légion constructrice de la route.

Il faut également savoir que Augustus est en latin le nom par lequel est désigné le mois d'août. Et encore aujourd'hui et depuis toujours la fête de la commune d'Hostens est instituée le premier dimanche du mois d'août (fête de la St Pey). Y-a t-il eu christianisation du culte d'Auguste ?

Il est à peu près certain désormais qu'une voie secondaire antique passait par Hostens (peut-être simplement pour expédier sur Bordeaux le goudron) et qui justifiait Hostens comme étape. Or en gascon le gîte d'étape, la maison, c'est l'oustau, ostal...

 La trace écrite la plus ancienne mentionnant Hostens est l'acte par lequel Guillaume le Templier cède la dîme d'Hostens au prieuré de Saint James à Bordeaux datant de 1174.

 L'écriture du mot Hostens va varier au fil du temps mais il faut noter que la présence du « H » est très récente (1252 : Aosten. 1273 : Austen. 1338 : Osten. 1342 : Auson. 1515 : Osten. 1656 : Ostens. 1787 : Ostens.

A l'époque moderne, on a rajouté un "H", et le nom de la commune se retrouve écrit indifféremment Hostens ou Hosteins.

                                                                                   Gwenolé BELBEOC'H

Article paru dans le jounal municipal "Le Nouvel Hostensois", le 4ème trimestre 2008.

 Bibliographie :

 G. Belbéoc'h « l'occupation du sol de la commune d'Hostens, analyse du cadastre et collectage, inventaire et essai de vaisselier médiéval » dans : Tessonnades de Saugnac et Muret (Landes) actes des rencontres du 9 mars 2007. La Grésale Hors série n°8-Mars 2008.

R. Bruzat « à propos d 'une enclave du diocèse de Bazas » : limites anciennes et vieux chemins dans la moyenne Leyre. Revue due Borda, tome 3, 1982, PP. 301-379.

 A.Dauzat et Ch. Rostaing « Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France : Larousse sélection 1963.

 Etienne Robert«  En passant par l'Aquitaine » Fédération Hist. du Sud Ouest.Institut d'Histoire, Univ. Bx III. 1995

 B. Fénié « les substrats linguistiques dans les noms de paroisses de la Grande Lande » : actes du colloque de Sabres 1981.

C . Higounet  « Bordeaux pendant le Moyen-âge » 1963.